J’en verrais deux qui, lorsque je repense à la genèse de ce projet, me paraissent évidents : la transmission bien sûr et le goût des autres surtout. Tout au long de ma vie professionnelle, de mes voyages, j’ai eu envie d’aller à la rencontre des autres, d’aller au-delà des apparences, de découvrir et de partager. Donner est presque un devoir pour moi. À travers l’association, nous cherchons à créer des points d’ancrage, donner ou redonner des racines, faire connaître. Notre ambition d’ailleurs en 2023 est de finaliser la création d’un musée virtuel, une collection de documents d’archives rares issus de la sphère privée afin de constituer un fonds documentaire numérisé pour préserver et partager un patrimoine matériel. Peut-être ma manière de « rassembler ce qui est épars ».
Même si je suis née en Martinique, je connais peut-être un peu mieux la maçonnerie de la Nouvelle Calédonie pour avoir assisté à plusieurs reprises à des tenues, invitée par les Vénérables Maîtres de différentes Loges. Ce qui m’a le plus frappé, le plus touché, c’est évidemment la fraternité, celle qui unit nos Sœurs et nos Frères et surtout celle qui m’a accueillie à chaque fois que je me suis rendue en Nouvelle Calédonie. J’ai encore en mémoire la question qui m’a été posée à chacune de mes venues : « De quoi as-tu besoin Gisèle ? ».
Je repense à un homme en particulier, que j’ai eu l’immense honneur de rencontrer et de fréquenter dans le cadre de mes recherches sur son œuvre : Aimé Césaire. Il écrivait : « J’ai toujours un espoir parce que je crois en l’homme. C’est peut-être stupide. La voie de l’homme est d’accomplir l’humanité, de prendre conscience de soi-même ».
Propos recueillis par Stéphanie Hecquet