« Le blanc et le noir »

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Noirs comme le deuil et la mort qui frappent partout dans le monde sur les marchés, dans la rue, dans les gares, sur les  terrasses des cafés…

Noirs comme le deuil et la mort qui frappent partout dans le monde sur les marchés, dans la rue, dans les gares, sur les  terrasses des cafés…

Les éléments se déchainent, cyclones, tornades, tremblement de terre…

Un cortège de souffrance, la maladie qui résiste à la science…

Noir, couleur du deuil mais aussi de la joie. La joie des assassins qui dansent sur nos cadavres et se réjouissent de nos larmes.

Noirs comme les uniformes des brigades de la mort dans leur sinistre besogne, ces spécialistes de la souffrance et de la terreur.

Noir comme le drapeau de Daech et que certains appellent l’Etat islamique, comme s’il existait une nation pour le terrorisme.

Noirs comme notre esprit et nos pensées, le pessimisme ambiant, parfois justifié mais qui reste indécent quand on regarde l’état du monde et des populations des pays en voie de développement comme il est dit pudiquement. Et qui pourtant ont le courage de rire parfois et nous donnent de belles leçons de vie.

Noir comme l’encre de ma plume qui n’en finit pas de lutter contre la banalisation de la souffrance, et qui n’arrive plus à suivre cette longue file de malheur.

Moi je préfère et j’espère le blanc, symbole de paix, de pureté, de sérénité.

Blanc comme la colombe de Noé qui ramène le signe de la fin du déluge, de la fin de la punition céleste, puni pour avoir aimé la vie et trop ri sans doute ?

Dieu serait-il si sévère et n’aimerait-il pas voir ses créatures rirent, austère comme son clergé !

Blanc comme la ceinture du débutant dans l’art du combat. Le début d’une progression vers un idéal, où curieusement la ceinture de l’élève qui progresse vers la maitrise de sa voie, tend vers le noir.

Blanc comme le tablier de l’Apprenti engagé dans sa propre reconstruction et dans la voie de l’amélioration de l’homme et de la société.

Blanc comme la neige qui aplanit les formes et les sons ou comme la lumière du Soleil qui aveugle celui qui la regarde intensément. A nous d’en rechercher les symboles…

Blanc comme la glace sur ces chemins de montagne sur lesquels s’aventurent des êtres humains qui nous ressemblent, qui fuient leur pays de misère à la recherche d’une terre d’accueil et qui ne trouvent que méfiance et hostilité. Et qui parfois gèlent dans cet hiver inconnu qu’ils ne connaissent pas, ou qui ne conservent leur pauvre vie que grâce au dévouement de héros qui bravent nos lois indignes et sans mémoire.

Mais le blanc, c’est aussi la couleur du deuil dans d’autres pays et le noir c’est aussi la couleur des vêtements que nous portons les soirs de fête, en particulier lorsque nous nous souhaitons une bonne année.

Le blanc c’est aussi la couleur de l’éclat du sabre qui va trancher une vie.

Le noir c’est la nuit qui apaise et porte à la réflexion et au rêve.

Ou au cauchemar.

Quelle est la 3ème voie à ce couple blanc/noir ?

 

Guy Lecourt le 6 janvier 2017