L’alpiniste

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Voici bien longtemps que je n’ai pas raconté une histoire, quelquefois vraie d’ailleurs, …

Voici bien longtemps que je n’ai pas raconté une histoire, quelquefois vraie d’ailleurs, mais là n’est pas l’importance.

« Il s’agit d’une bande d’amis très proches et amoureux de la montagne. Ils ont l’habitude de se retrouver régulièrement une ou deux fois par mois pour marcher dans les collines.

Un vrai plaisir où tout est prétexte à rire et à festoyer.

La nature est si belle, et le temps clément en général.

Ils se racontent eux aussi des histoires et des contes qu’ils commentent en riant.

Ils ne sont pas toujours d’accord du reste, mais jamais l’ombre d’une dispute.

Pourtant l’homme est ainsi fait. Peu à peu ils deviennent plus ambitieux d’autant qu’un nouveau s’est joint au groupe, très sympathique au demeurant.

Et puis ils s’ennuient un peu sans doute. La routine semble s’être installée !

Notre groupe décide de passer au stade du dessus. Nos amis vont escalader une montagne et comme ils restent raisonnables, ils commencent par des petites montagnes.

Tout se passe merveilleusement bien, l’ambiance revient comme aux premiers jours.

Leur ami est un excellent entraineur, les progrès sont spectaculaires.

Ils se sentent bien. Ils vont donc entreprendre une véritable escalade.

Tournée des magasins spécialisés ; achat de matériel sophistiqué et de vitamines en tout genre. Les sacs à dos sont remplis, quoiqu’un peu lourds tout de même.

C’est le grand jour.

La montagne se dessine devant eux, magnifique, sublime. Ils en ont le souffle coupé. Et pour couronner le tout, comme un clin d’œil, le temps est particulièrement agréable même si le sommet est légèrement caché par les nuages.

La colonne s’élance, rutilante dans des équipements neufs et voyants.

Au début la pente est légère, facile, sans grande difficulté. Ils sont joyeux et croisent d’un air amusé des alpinistes qui redescendent, épuisés, parfois exténués.

Peu à peu la fatigue gagne car le relief est de plus en plus dur, mais allez !

Repas et première halte, les paroles se font rares, mais allez !

La marche reprend, pénible, les pieds commencent à faire mal, l’ambiance tombe comme les hommes parfois. Les disputes apparaissent, échanges musclés, certains se débarrassent de ce qui semble être superflu. Le groupe a perdu de sa superbe…

Et le climat s’en mêle, le soleil a bien disparu, il commence à pleuvoir légèrement, le froid transperce les équipements.

Il faudrait faire demi tour mais leur nouvel ami ne veut pas, alors ils décident de continuer et de ne plus faire d’arrêts jusqu’au sommet. Sans doute pensent-ils que là haut ils trouveront la lumière au dessus des nuages.

Ils risquent surtout de tomber et de ne jamais se relever.

Certains reviendront après avoir glissé tout au long de la montagne. Inaccessible. Impitoyable. D’autres vont y laisser leur vie.

Ou leur âme.

Peu atteindront le sommet, mais reviendront meurtris à jamais.

Seul leur nouvel ami… »

Quelle est la chute de l’histoire me direz-vous ?

Peut être celle de l’alpiniste…Ou celle de la cordée ?

 

 Guy Lecourt le 9 novembre 2017